07.06.2019 / Article / /

« Potentiel des PME et LEAN Management », un article de Claude Béglé paru dans le journal de l’USAM

Comment faire mieux avec ce que l’on a? Toutes les PME qui ont le nez dans le guidon ont l’impression de faire déjà le maximum. Pourtant, la majorité des entre­­prises disposent d’un potentiel dormant inexploité. Le LEAN Management a pour mission de faire émerger ce potentiel.

De quoi s’agit-il? D’un concept anglais un peu fumeux? De laisser une personne extérieure venir fouiner dans l’entreprise? De revoir l’organisation, qui fonctionne, alors que tout le monde est déjà débordé? De faire avec moins pour gagner plus? Non merci!! Voilà ce que répondraient la plupart des chefs d’entreprise. Avec raison.

Le LEAN Management a en réalité un objectif très pragmatique. En effet, chaque collaborateur accumule, au fil des ans, une expérience qu’il garde souvent pour lui. En ayant toute la journée les mains dans la production, le nez dans la comptabilité, ou les oreilles à l’écoute des clients, il voit bien ce qui pourrait être amélioré. Ici, c’est un gaspillage ou une perte de temps qui pourrait être évités, là c’est la qualité qui pourrait être augmentée, ou bien la rapidité, ou encore le confort de l’employé.

Mais ces observations vont-elles remonter jusqu’aux supérieurs-décisionnaires? Pas sûr. A partir d’une certaine taille, l’information ne circule plus aussi facilement dans la PME. Elle reste souvent bloquée chez son auteur. Parce qu’on ne lui donnera pas l’occasion de la transmettre. Parce qu’il aura peur qu’elle ne se retourne contre lui (si une idée fait gagner plusieurs semaines de temps de travail, l’entreprise ne va-t-elle pas le licencier?). Et puis s’il indique comment améliorer l’ergonomie d’un poste de travail, qui ne fera pas gagner d’argent à l’entreprise, mais rendra juste service au salarié, l’entreprise en tiendra-t-elle compte?

Le LEAN Management propose d’être à l’écoute de la base pour augmenter la performance de la PME. Si le principe paraît simple, il doit toutefois être mis en œuvre de manière méthodique pour être efficace. Il faut créer un espace où les salariés peuvent s’exprimer de manière régulière et où ils se sentent entendus. Il faut instaurer un suivi des nouvelles pratiques à mettre en œuvre. Ce qui est aussi une forme de reconnaissance des bonnes idées. Bref, il s’agit de créer de la confiance. Celle-ci va augmenter l’implication des salariés, leur satisfaction, leur motivation, leur loyauté. C’est là que réside la noblesse du LEAN Management. Et la clé du succès pour l’entreprise.

Concrètement, cela s’adresse aux PME de 50 à 300 personnes, tous secteurs confondus. «L’idéal est de confier cette mission à un cadre du middle management opérationnel, quelqu’un de polyvalent, à l’aise avec les défis de l’entreprise et les collaborateurs, précise le spécialiste Pierre Arrayet, qui estime que pour un investissement en salaire annuel de 160 000 francs, la PME peut gagner jusqu’à 600 000 francs, en augmentant le taux de réussite de ses projets par exemple, souvent situé à 3 sur 10. La formation CAS LEAN Management de la Swissmem Academy, à Prilly, permet de s’imprégner des concepts en quelques semaines et de les diffuser dans l’entreprise.

Personnellement, je suis intimement convaincu de la pertinence de cette démarche. C’est parfaitement en résonance avec l’image de qualité et de fiabilité du Swiss made. Et c’est le passage obligé pour passer à l’économie 4.0. Et je vais demander au Secrétariat à l’Economie d’encourager cette approche.

Claude Béglé, Conseiller national (PDC/VD) claude.begleParu dans le Journal des arts et métiers de l’USAM, le 7 juin 2019