26.11.2018 / Article / /

« Les partis ont aussi besoin d’argent pour fonctionner » rappelle le PDC Vaud – article paru dans 24 Heures

Elus politiques, tous pourris ? Une série d’avantages perçus par des personnalités très en vue ont récemment été dévoilés et semblent attester cette vision. Mais c’est une manière très partielle de voir les choses, qui jette le discrédit sur l’ensemble du personnel politique et conforte ceux qui doutent de notre démocratie.

Aucun parti n’est épargné. Il s’agit notamment d’un ex-Conseiller national UDC à Bâle, d’un Conseiller d’Etat PLR à Genève, d’une Conseillère des Etats socialiste vaudoise, de plusieurs membres de l’exécutif de la ville de Genève (PDC, PS, Verts). Il n’est pas question de minimiser les faits. La démocratie a besoin de transparence.

Mais il ne faut pas non plus diaboliser les choses. Il semble que les reproches faits et leur mise en scène aillent parfois un peu trop loin. Géraldine Savary et Luc Recordon auraient reçu, de la part d’un généreux donateur, chacun 4000 francs puis 5000 francs pour leur campagne au Conseil national en 2011 et au Conseil des Etats en 2015. Or, il n’y a là rien d’illégal selon la loi vaudoise.

Certes, des aspirations à plus de transparence se font fortement entendre. Une motion allant dans ce sens a été déposée au Grand Conseil vaudois et est actuellement étudiée en commission. Il s’agit de s’inspirer du canton de Fribourg qui est un des premiers à avoir instauré un seuil de référence, 5000 francs, à partir duquel un don est considéré comme important. Au-delà, la personne donatrice doit se limiter à un versement par an et renoncer à l’anonymat.

Les partis politiques ne vivent pas d’amour et d’eau fraîche. Pour bien fonctionner, un parti cantonal a besoin d’un secrétariat à 40 voire 60%, d’un trésorier qui s’occupe des cotisations, de la comptabilité et des budgets de campagne, d’un web master qui gère le site internet et conçoit les flyers. Les plus riches embauchent encore une personne pour rédiger un journal interne. Les plus pauvres demandent à leurs délégués de rejoindre les assemblées trimestrielles du parti suisse à leurs propres frais.

Au-delà des structures, il faut aussi des femmes et des hommes qui s’engagent. Qui donnent de leur temps pour venir à Lausanne assister aux assemblées et voter, pour être sur les stands le samedi matin afin de récolter des signatures, pour aller poser des affiches en vue de prochaines votations, pour distribuer des flyers devant les gares, pour organiser une conférence ou participer à des tables rondes thématiques qui alimenteront le travail des députés ou le programme du parti.

Cet engagement bénévole, à l’instar de tous les engagements désintéressés, mérite le soutien de toutes celles et ceux pour qui la politique demeure l’art du possible en termes de gouvernance d’une commune, d’un canton, d’un pays. Pour le PDC, petit parti en terres vaudoises, il s’agit de rassembler au mieux nos effectifs pour faire entendre la voix du centre. Un travail de fourmi pour lequel chaque don est une forme de reconnaissance bienvenue qui participe à la pluralité démocratique.

Isabelle Tasset, Co-présidente du PDC Vaud

Gérald Cretegny, Co-président du PDC Vaud

Article paru le 26 Novembre 2018 dans le journal 24 Heures