24.05.2019 / Article / /

« Les gymnasiens de Burier se bougent pour le climat » article d’Isabelle Tasset Vacheyrout paru dans 24 Heures

Peut-on sauver le climat avec des écogestes ? Honnêtement, ce serait la solution idéale. Tout le monde ferait un effort, comme çà, pas de jaloux. Et on serait tout à coup libérés de pas mal d’objets encombrants, d’habitudes chronophages, de dépenses inutiles. Bref, on aurait un impact considérable à moindre frais. Tandis que l’Etat coordonnerait un abandon raisonnablement ambitieux des énergies fossiles et nucléaires.

L’appel de Greta Thunberg et les manifestations de cet hiver ont provoqué une prise de conscience aux effets très concrets chez les gymnasiens de Burier. La cantine propose désormais des assiettes en dur même pour la moitié des étudiants qui doit manger par terre, faute de tables. La cafétéria vend des gobelets réutilisables pour la machine à café. Sauf, bien sûr, aux plus militants qui se trimbalent avec leur propre « mug » (tasse). Ou leur gourde d’eau, pour boycotter les bouteilles en plastique. Dans certains groupes, la pause midi est aussi l’occasion de faire le point sur sa transition végétarienne : sans viande trois jours, quatre jours par semaine… qui dit mieux ? De quoi redécouvrir avec gourmandise les salades, forcément bio, du groupe potager qui utilise les vieux cartons pour sa permaculture. Une belle émulation s’est enclenchée, savamment entretenue par une quinzaine de groupes whatsapp dédiés au climat, relayés par quelques distributions de flyers fait d’un papier forcément… recyclé.

On peut en sourire, car chacun de ces écogestes n’est bien sûr qu’une goutte d’eau. Mais ce serait les mépriser. Au contraire, encourageons cette mutation douce vers un mode de vie plus durable. Et surtout, prenons exemple sur eux. Car en effet, l’industrie n’est pas seule responsable du réchauffement climatique. La moitié des émissions de CO2 provient des choix que nous faisons, vous, moi, tous les jours.

Et le potentiel est immense. Citons juste ce bel exemple d’habitudes variant selon le profil du consommateur : chez les personnes vivant seules, les femmes consomment un quart d’électricité en moins que – pardon messieurs – les hommes (EPFZ – 2019).

C’est pourquoi, il faut activement sensibiliser la population. Les travaux récents du Centre de Recherche en Energie, Société et Transition à l’EPFZ indique comment il est désormais possible de monter des campagnes de communication efficaces car ciblées selon les réticences des uns et des autres : climato-sceptiques, fatalistes, indifférents. La création d’une journée cantonale du climat permettrait également de populariser cette prise de conscience. Ces sont là deux mesures parmi d’autres que le PDC Vaud a proposé, respectivement, à Berne et au Grand Conseil.

Alors que le Valais vient de lancer son plan « Valais, Terre d’énergies » par lequel il vise l’abandon des énergies fossiles en 2060, le Conseiller d’Etat valaisan en charge du dossier, Roberto Schmidt rappelle volontiers que le principal défi n’est pas technologique ou économique mais qu’il s’agit surtout de changer nos mentalités. Alors, on fait comme les jeunes de Burier ?

Isabelle Tasset Vacheyrout, Co-Présidente du PDC Vaud

24 Heures – le 22 mai 2019