12.05.2020 / Interpellation / Famille /

COVID-19 : de la clarté pour les activités extrascolaires !

Texte déposé par Axel Marion au Grand conseil

Les activités extrascolaires (animation socioculturelle, organisations de jeunesse, centre aérés, colonies de vacances, accueil libre, etc.) jouent un rôle essentiel dans notre société. Lieux d’accompagnement et de sociabilisation des enfants et des jeunes, elles accomplissent une mission socio-pédagogique importante que l’on appelle globalement « éducation non formelle ». Pendant la période estivale notamment, elles permettent aux parents d’avoir des solutions de garde qualitatives et à un prix abordable.

Cette mission est d’autant plus importante dans la période troublée que nous vivons. Le besoin d’activité sera plus important que jamais cet été, ceci pour diverses raisons : familles qui ne peuvent partir en vacances pour des raisons financières, parents qui vont devoir travailler davantage pour compenser le confinement de ces dernières semaines, fermeture des frontières, absence des grands-parents auxquels il est toujours déconseillé de reprendre une activité de garde d’enfants.

Dans ce contexte, les organisateurs d’activités extrascolaires souhaitent reprendre ou maintenir leurs activités.  Bien entendu, les questions sanitaires restent au centre de l’attention. Dans cette optique, les milieux concernés ont travaillé dès les annonces du Conseil fédéral à un concept global de protection qui permette la tenue de ces activités en respectant les normes de sécurité et d’hygiène de rigueur. Sur le plan vaudois, le concept devrait être transmis aujourd’hui même au médecin cantonal via le Service de protection de la jeunesse.

Cependant, les camps de vacances et centres aérés ne savent toujours pas aujourd’hui s’ils pourront avoir lieu cet été. Il n’est pas clair si les activités extrascolaires sont considérées comme des activités sportives selon l’art. 6 al.4 de l’ordonnance 2 COVID-19 (autorisées sous conditions depuis le 11 mai), d’activités de loisirs dont l’interdiction générale devrait être assouplie le 8 juin prochain, comme des activités associatives limitées jusqu’au 1er juillet (cf. article 6b de ladite ordonnance) ou comme encore autre chose, dont la date d’assouplissement est indéfinie !

Cette situation est très compliquée à gérer pour les organisateurs, mais surtout elle touche des milliers de familles dans le canton de Vaud, qui attendent de trouver une occupation pour leur enfant cet été. Il faut en effet réaliser qu’en période de vacances scolaires, il s’agit des seules activités permettant de prendre en charge les enfants pendant que les parents travaillent ! Par ailleurs rappelons que ces camps représentent aussi des emplois d’été importants pour des centaines de jeunes adultes.

L’un des problèmes principaux dans la situation actuelle semble être le manque de clarté dans la chaîne de décision : de la Confédération qui semble vouloir autoriser les « camps sportifs » cet été, au canton qui assure une fonction de contrôle des camps de plus de 7 jours selon la LProMin et soutient différentes activités selon la LSAJ, en passant par les communes qui organisent leurs propres actions, les différents acteurs concernés ne savent pas à quel saint se vouer. A cela s’ajoute une contrainte temporelle claire : si des camps et/ou des centres aérés d’été doivent être annulés, il faut qu’ils le soient rapidement (à la mi-mai !) pour des questions d’organisation évidentes. Inversement, les inscriptions devraient pouvoir être confirmées aux familles sans tarder si les activités ont lieu comme prévu.

Il est essentiel enfin que l’autorisation ou non de ces camps soit harmonisée au niveau de la Suisse romande. En effet de nombreux organismes sont communs aux différents cantons et les enfants, eux, ne connaissent pas de frontières cantonales : il serait donc illogique que ces activités soient admises dans certains cantons et refusées dans d’autres.

C’est dans ce contexte que nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

  1. Le Conseil d’Etat peut-il nous indiquer si les activités extrascolaires pourront avoir lieu cet été, et si oui à quelles conditions ?
  2. Peut-il préciser quel niveau institutionnel (Confédération, canton, communes) est compétent pour autoriser la tenue de ces activités ? Peut-il garantir qu’une coordination intercantonale a lieu sur ces questions, au minimum pour la Suisse romande ?
  3. En cas d’interdiction ou d’annulation (suite à une 2ème vague de pandémie, p. ex.) des activités extrascolaires, prévoit-il des mesures de compensations/remplacement pour les familles concernées, ainsi que des dédommagements pour les organisateurs ? Le Canton compte-t-il soutenir financièrement ce secteur ?

Compte tenu de l’urgence de la situation – et en prenant bien évidemment en compte les nombreuses autres priorités de cette crise du coronavirus – nous espérons une réponse rapide du Conseil d’Etat.