25.05.2020 / Article / /

L’espoir d’une relance

Axel Marion, député PDC/VD, souhaite que la crise sanitaire et économique nous pousse à choisir de nouvelles options.

La crise que nous vivons aura un impact majeur sur l’économie mondiale à court et moyen terme. Les effets sur l’emploi dans de nombreux secteurs s’annoncent désastreux. Face à ce séisme historique, les États réagissent tant bien que mal et promettent une injection massive de liquidités dans le système – les aides cumulées se chiffrent déjà à plusieurs milliers de milliards de dollars.

Mais à quoi serviront ces sommes? À relancer l’économie sur le modèle d’avant, ou à saisir ce moment historique pour opérer un virage vers une relance plus durable? La science a démontré depuis longtemps que le réchauffement climatique est une réalité, et que l’être humain en est l’acteur principal. Une part toujours plus importante de la population admet que des efforts sont essentiels afin de limiter la hausse de la température globale. Cependant il est bien difficile, quand l’économie est en croissance et offre le plein-emploi, de provoquer la «disruption» du système.

Comme toute crise, le Covid-19 rebat les cartes et nous pousse à réfléchir à d’autres options. Il ne s’agit évidemment pas de s’en réjouir, mais d’admettre que c’est par la force des choses une occasion de se remettre en question.

Chacun d’entre nous a pu apprécier la qualité de vie liée à la baisse des nuisances, en ville notamment, et ces impressions positives sont extrêmement importantes. Mais il serait évidemment naïf et provocateur, voir égoïste, de ne voir que les «beaux côtés» de la crise et nier son impact social dramatique, dont nous ne percevons pas encore l’ampleur. L’enjeu est précisément de joindre ces deux réalités qui coexistent et d’offrir un avenir économique à la population dans un environnement préservé.

Des choix à faire

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas des postulats antinomiques: une croissance qualitative permettra de créer les nouveaux emplois dont la population a besoin, tout en garantissant la préservation de notre environnement et de la qualité de vie. Ainsi par exemple les industries actives dans l’économie carbonée pourraient progressivement investir le champ du renouvelable. Ou les grandes chaînes alimentaires renoncer à l’importation de produits lointains ou surtransformés.

Ceci sans précipitation, mais avec un rythme volontaire tout en veillant à ne laisser personne de côté. Pour y arriver, il faut nourrir deux espoirs: que les États placent les priorités écologiques et durables au cœur de leur stratégie de relance, en refusant de financer un retour à l’économie «d’avant» et en fixant des objectifs clairs aux entreprises qui bénéficieront d’une aide. Et surtout que les citoyens restent globalement fidèles à leurs réflexes actuels et à leur perception positive d’un monde plus «doux». Ces espoirs sont à notre portée, c’est notre responsabilité collective d’y arriver.