01.03.2018 / Article / /

Soins dentaires : une mise en œuvre raisonnable est possible

Dans le débat sur le remboursement des soins dentaires qui intéresse actuellement les citoyens vaudois, le PDC Vaud aurait de loin préféré que le contre-projet du Conseil d’Etat fût présenté au vote et l’aurait soutenu sans aucune réserve. Ce texte permettait de couvrir les besoins de la partie la plus fragile de notre population tout en assurant un financement original du système, via une taxation des boissons sucrées qui sont un fléau auprès de la jeunesse (pas que pour les dents). Hélas…une droite renforcée en ce début de législature y a vu l’occasion de corriger le gouvernement à majorité de gauche. Au diable donc le fameux « compromis dynamique » vaudois et, au passage, une intelligente manière de répondre à un souci de santé publique.

Dans cette situation, que devaient faire les centristes ? L’hésitation ne fut pas très longue. Bien que l’initiative préconisât une approche très interventionniste, il n’était guère question de laisser subsister le statu quo. Rappelons en effet les chiffres : environ 10% de la population vaudoise renonce à des soins dentaires. Certaines de ces personnes sont contraintes d’aller se soigner à bas prix à l’étranger, à leurs risques et périls. Comment une société moderne peut-elle tolérer cela ? La bouche ne fait-elle pas partie du corps, lequel est couvert par l’assurance-maladie obligatoire ?

Bien sûr, on comprend les réticences à mettre en place un tel dispositif, avec en premier lieu la crainte de recréer un système lourd et coûteux à l’image de nos primes maladies. Il appartiendra au Grand Conseil, en cas d’acceptation, de trouver un modèle simple et viable. Le Conseil d’Etat a déjà fait connaître ses options, fondées sur une faible cotisation mensuelle et un système de franchise. Cela montre qu’une solution respectueuse de la classe moyenne est possible. Pour cette dernière qui investit déjà actuellement des moyens conséquents pour soigner ses dents, l’impact sera nul ou négatif. Quant à l’argument selon lequel la responsabilité individuelle doit prédominer, rappelons que de nombreux problèmes bucco-dentaires sont indépendants de l’hygiène personnelle. Rien dans le nouveau système ne limitera l’inclinaison actuelle à une diminution des cas de caries par un meilleur brossage de dents dès le jeune âge.

Le groupe PDC Vaud libre au Grand Conseil s’engagera pour une mise en œuvre raisonnable de l’initiative en cas d’acceptation, dans l’intérêt des Vaudoises et des Vaudois. En cas d’échec, ne nous leurrons pas : la droite n’ouvrira pas la porte à une amélioration du système actuel. Un élément central de la santé des individus, qui plus est si socialement important – touchant le visage, le sourire, l’haleine – restera en dehors d’un système de santé solidaire. Est-ce cela que nous voulons dans ce début de 21e siècle ?

Axel Marion, député PDC