23.01.2018 / Interpellation / /

Quelle politique de prévention et promotion de la santé pour l’Etat de Vaud ?

Texte déposé par Axel Marion

Le 1er mars 2017, un communiqué de presse nous apprenait que les Ligues de la santé, organe chargé de la prévention et de la promotion de la santé dans le canton, laissaient la place à une nouvelle structure nommée « Promotion Santé Vaud ». Le même communiqué précisait : « En partenariat avec les autres acteurs du terrain, Promotion Santé Vaud a pour mission, selon son but statutaire, de contribuer à la mise en œuvre de la stratégie cantonale en matière de promotion de la santé et de prévention. Elle est appelée ces prochaines semaines, en collaboration avec le Service cantonal de la santé publique, à contribuer à la définition d’une telle stratégie et des moyens de sa concrétisation. »

Il semble que ce calendrier n’ait pas été respecté – du moins aucun document cadre ne semble avoir été communiqué. Malheureusement, cela ne paraît pas surprenant si l’on se réfère à l’absence de volonté manifestée par le Conseil d’Etat dans ce domaine ces dernières années. On constate par exemple que la prévention et la promotion de la santé ne figurent pas dans le programme de législature 2017-2022. Dans le rapport sur la politique sanitaire 2013-2017, l’amplification de la prévention et de la promotion de la santé figure certes comme 1er objectif, mais le cadre cantonal y relatif n’est jamais apparu. Il faut remonter à 2008/2009 pour trouver quelques signaux en la matière, avec notamment une « Stratégie cantonale vaudoise en matière de promotion de la santé et de prévention 2008-2012 » qui est restée à l’état d’ébauche ou encore la création en 2009 de la Commission de prévention de la santé et de lutte contre les addictions (CPSLA) et du Groupe d’experts en matière d’addictions (GEA), lesquels n’ont plus livré de rapports d’activité depuis 2012 (cf. site web de l’Etat de Vaud)…

On peut certes imaginer que le rejet par le Parlement fédéral du projet de loi fédérale sur la prévention et la promotion de la santé en septembre 2012 ait eu un impact négatif sur les démarches dans ce domaine. Cela n’a cependant pas empêché plusieurs des cantons voisins de se doter de politiques cantonales en la matière, par exemple le Valais (stratégie 2015-2018), Neuchâtel (stratégie adoptée en 2016), Genève (concept 2017-2030) et le Jura (Programme 2014-2024).

Cette absence de proactivité de la part de l’Etat de Vaud jette un trouble sur ses motivations et ambitions dans le domaine. Cela ne laisse pas de surprendre de la part d’autorités cantonales qui se disent soucieuses du bien-être de leurs concitoyens et par ailleurs d’une plus grande maîtrise des coûts de la santé – rappelons à ce sujet l’importance de la prévention pour atteindre cet objectif.

Sur la base de ces constats, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

1.         Le Conseil d’Etat peut-il exposer les motifs ayant présidé à la dissolution des Ligues de la santé et à la création de « Promotion Santé Vaud » ?
2.         Peut-il donner des détails sur la structure, le fonctionnement et les ressources de cette nouvelle association ?
3.         Il semble que cette nouvelle association va rejoindre le projet « Alliance Santé » structuré autour de la PMU (cf. article de la Revue médicale suisse du 10 janvier 2018). Le Conseil d’Etat peut-il nous donner davantage d’informations sur ce rapprochement et sur la place de la prévention et promotion de la santé dans ce nouveau dispositif ?
4.         Peut-il indiquer dans quel délai la « stratégie cantonale » annoncée verra le jour ? Est-il en mesure d’en dévoiler déjà les grandes lignes ainsi que les moyens alloués ?
5.         Le Conseil d’Etat entend-il poursuivre les programmes cantonaux actuels ? Si non, quelle politique entend-il suivre sur les grands thèmes relatifs à la prévention et promotion de la santé (alcool, tabac, activité physique, etc.) ?