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Publier: 14.01.2009

Le prochain conseiller fédéral


Jacques Neirynck
 
Le 12 décembre 2007 et le 10 décembre 2008, le PDC aurait eu peut-être l'occasion de faire élire le second conseiller fédéral, auquel la concordance arithmétique lui donne droit puisqu'il est, avec ses alliés PEV et VL, à égalité avec le PS, devant le PRD. Il y renonça dans un geste de bonne volonté à l'égard de l'UDC, qui y avait davantage mathématiquement droit. La moitié de la fraction estima que la nouvelle règle énoncée par l'UDC, à savoir l'obligation d'élire seulement le candidat désigné par le parti, devait être respectée. Nous avions les cartes en main, nous ne les avons pas abattues et nous n'avons pas levé le pli.
Autant le 12 décembre 2007 produisit un excellent résultat par l'élimination du CF Blocher et par la sérénité qui imprégna le nouveau Conseil fédéral, autant le 10 décembre 2008 illustra l'irrésolution du PDC. Une action parallèle de quelques conseillers nationaux empêcha qu'Ueli Maurer soit élu sans un minimum de contestation. Le pire fut évité de justesse. Mais il y avait mieux à faire, même si le PDC refusait le siège : l'élection du CN Walter aurait créé une rupture au sein de l'UDC et accru les chances du PBD de reconstituer une parti de droite raisonnable, interlocuteur naturel du PDC.
Le prochain siège à pourvoir sera sans doute celui abandonné par Pascal Couchepin. Il sera disputé par quatre partis : le PRD qui tentera de le garder et qui a déjà donné des gages à l'UDC en votant ostensiblement pour Ueli Maurer ; les Verts qui ambitionnent de devenir un parti gouvernemental ; l'UDC qui récuse la CF Widmer-Schlumpf comme représentante du parti ; et enfin le PDC qui y a autant droit que les trois premiers. Il serait temps de se préparer à cette confrontation.
Si le PDC demeurait dans la configuration actuelle faite d'isolement et de tergiversation, il ne devrait compter que sur ses propres forces lors de la prochaine élection. Le PS soutiendra le candidat Vert pour accroître la représentation de la gauche. Les deux partis de droite s'entendront entre eux pour soutenir un second UDC, à charge de revanche pour l'élection suivante. Nous resterions sur la touche et nous nous présenterions aux élection fédérales de 2011 comme les éternels perdants, alors que deux conseillers fédéraux nous donneraient une image de gagnants. Comment stimuler les militants et leur donner confiance en ne prenant pas l'initiative?
Je propose que notre séminaire des 16 et 17 janvier comporte un point à l'ordre du jour pour préparer cette échéance décisive. Si la fraction adhère à cette proposition, l'idéal serait de sortir de ce conclave avec un plan clair : revendiquer le prochain siège à pourvoir et désigner un ou deux candidats.
Mais plus fondamentale encore serait une réflexion sur la nature de la concordance : est-elle purement arithmétique ou bien doit-elle refléter une véritable concorde du Conseil fédéral ? En d'autres mots,  peut-on ou doit-on abandonner le droit coutumier actuel et passer au système du gouvernement de coalition, centre plus droite ou centre plus gauche ?
La réponse dépendra en partie de l'attitude de l'UDC. Si rien ne change dans sa stratégie d'être à la fois dedans et dehors du gouvernement, alors la concordance arithmétique est une duperie pour le PDC et un péril pour le pays dans une conjoncture de crise.
Mais la réponse dépend aussi en partie de la réflexion, que nous ferons ou que nous ne ferons pas. Cette réflexion ne fournira pas de réponse claire, si nous ne nous assumons pas sérieusement comme un véritable parti du centre, prêt à s'allier indifféremment aussi bien sur sa gauche que sur sa droite selon son intérêt du moment et capable d'expliquer cette stratégie à ses électeurs. Un parti à la fois libéral et social est exactement ce qu'il faut dans la conjoncture actuelle de crise économique. Nous avons de grandes chances mais il faut réfléchir pour ne pas les gâcher.


 
 


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