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Les élections cantonales se dérouleront sur le mode triangulaire : la droite et la gauche se présentent chacune unies et visent quatre sièges au Conseil d’Etat, ce qui n’est pas possible simultanément. Le centre présente aussi quatre candidats (PDC, Verts’libéraux, PBD, UDF) avec un accord de désistement entre eux pour le second tour. Or, ces partis plus le PEV avaient obtenus un score de 12,72% aux élections fédérales d’octobre 2010. On peut spéculer que, lors de l’élection cantonale de mars 2012 où les électeurs disposent de sept suffrages, ils éviteront aussi bien à droite qu’à gauche de donner des suffrages à l’autre extrême et qu’ils se tourneront naturellement vers le centre.
La composition du futur Conseil d’Etat pourrait donc être : les six sortants, qui ont fait un excellent travail collégial, plus un des candidats du centre. De la sorte, ni la gauche, ni la droite ne l’emporterait. Par sa composition même, le gouvernement cantonal serait incité à une politique de concordance. D’autant plus que la composition du Grand Conseil adoptera la même configuration. Durant la législature passée déjà, l’Alliance du Centre avec ses neuf députés constituait le levier indispensable à la constitution d’une majorité, qui n’appartenait plus isolément ni à la droite, ni à la gauche. De même, la délégation vaudoise au Conseil national obéit à la formule 8+2+8.
Tout en se réjouissant d’une telle tendance à l’équilibre, on doit néanmoins s’interroger sur ce qui réunit cette constellation de petits partis. Est-ce seulement l’opportunisme électoral ou bien la prise de conscience d’une classe moyenne, lassée des excès idéologiques des deux extrêmes et d’une ponction fiscale de plus en plus lourde ? Une charte commune aux partis du centre a été rédigée autour des points suivants : équilibre budgétaire, ne pas laisser de dettes à la génération suivante; les forts soutiennent les faibles pourvu que ceux-ci ne se complaisent pas dans la dépendance ; transition vers une économie non-nucléaire, encourager les économies d’énergie et une production décentralisée par les énergies renouvelables; investissement dans l’avenir, une formation scolaire, professionnelle et supérieure exigeante, une recherche capable d’affronter la compétition internationale et des infrastructures relevant les défis du futur.
Le rôle fondamental d’un centre est l’invention de solutions équilibrées. Alors que le jeu politique est le lieu de propositions excessives, séduisantes à première vue pour certains, propres à rassembler des bataillons d’électeurs, le travail centriste privilégie les solutions qui rassemblent. Cette construction de consensus prend du temps, elle est peu spectaculaire mais elle constitue la force et l’identité de notre démocratie suisse. Ainsi Vaud ne peut bien se gouverner qu’au centre. Aux électeurs d’en décider.
Jacques Neirynck
Conseiller national PDC