06.07.2018 / Article / /

« Accueil parascolaire : NON aux économies illusoires » : article d’Isabelle Tasset, co-présidente, dans 24 Heur es.

Veut-on faire des économies de bouts de chandelles sur le dos de nos enfants ? C’est le chemin que prend l’Etablissement intercommunal pour l’accueil parascolaire primaire (EIAP) dans son nouveau cadre de référence pour les vaudois de 4 à 12 ans. Et ce, afin de réduire les coûts pour les communes. Les parents paieront-ils moins ? Pas sûr. Par contre, nos enfants en pâtiront. Tout comme notre société vaudoise. Le canton doit s’engager davantage.

Les communes veulent limiter la frais de l’accueil des enfants en dehors de l’école. C’est compréhensible : elles croulent déjà sous les coûts du très bon filet social vaudois et de certaines charges reportées sur elles lorsque les finances cantonales allaient mal (ex : soins à domiciles pour les personnes âgées).

Mais la solution proposée est simpliste. On le sait, s’occuper des enfants demande de grandes compétences. Les parents, les grands parents, les enseignants en savent quelque chose. Ainsi, trois quart des coûts de l’accueil parascolaire sont des salaires. Pour baisser les dépenses, il est donc proposé d’augmenter jusqu’à 33% le nombre d’enfants par adulte encadrant, voire plus, et de réduire les exigences de formation de ceux-ci de 50%.

Une industrialisation de l’accueil de jour n’est pas à exclure. Rien n’empêchera de confier à trois adultes, dont un seul serait formé, la responsabilité de plus de 60 enfants parqués dans une grande salle pour une sorte de «récré» de deux heures lorsqu’il faut attendre 18h30. Inutile de dire que le défi n’a rien à voir avec celui de l’enseignant qui peut structurer le groupe autour d’un projet pédagogique. Comment régler les conflits, les problèmes de civilité, l’agressivité sans formation adéquate ?

Ayons bien conscience des risques. Aujourd’hui, avec 1,5 enfant par femme, chaque enfant devient ultra-précieux. Chaque parent veut le meilleur. Si on abaisse la qualité de l’accueil, les mères inquiètes réduiront leur temps de travail, les familles aisées opteront pour des solutions ad hoc, laissant l’accueil public aux moins fortunés, tandis que la plupart n’hésiteront pas à saisir la justice en cas de problème.

Enfin, ce n’est pas être néo-soixante huitard que de vouloir un accueil de jour de qualité : les avancées en psychologie montrent qu’une bonne prise en compte des besoins spécifiques des enfants les aide à devenir des citoyens équilibrés et autonomes. Avec cette baisse des exigences, elle n’est plus garantie.

Même si le canton contribue déjà beaucoup, il devrait s’engager davantage. Et il ne s’agit pas d’encourager les parents à se débarrasser de leurs enfants, mais bien de permettre à ceux qui ne peuvent pas faire autrement parce qu’ils travaillent, de le faire dans de bonnes conditions. C’est un investissement pour l’avenir. Le PDC Vaud soutient la pétition lancée par AvenirSocial.ch et les acteurs du parascolaire.

Isabelle Tasset Vacheyrout, Co-présidente du PDC Vaud

Article publié le 6 juillet 2018 par 24 Heures