31.05.2016 / Communiqués / /

Votations du 5 juin : positions du PDC Vaud

Notre Assemblée Générale du jeudi 12 mai 2016 a débattu sur les cinq objets fédéraux soumis à notre vote jusqu’au 5 juin. Voici les positions qu’elle a arrêtées et leurs principales motivations.

Modification de la loi sur l’asile : OUI

Sujet très actuel et sensible, la modification de la loi sur l’asile a été approuvée par le Parlement, mais elle est combattue par l’UDC. Cette dernière lui reproche de faire la part trop belle aux demandeurs d’asile, en leur octroyant notamment un avocat d’office, et de créer ainsi un appel d’air les incitant à s’établir en Suisse. En fait, ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt de raccourcir le temps de traitement des dossiers afin de trancher en maximum 140 jours dans 60% des cas, soit moins de la moitié du temps nécessaire actuellement. Cela permettra d’enclencher rapidement le rapatriement des requérants déboutés, tout en accélérant, pour ceux qui restent, l’intégration professionnelle et culturelle à notre pays. C’est une solution équitable tant pour eux que pour la population suisse. Soutenons donc le Conseil fédéral en approuvant avec un OUI cette modification.

Initiative « Pro service public » : Liberté de vote

L’intitulé de cette initiative en faveur du service public peut induire en erreur. Car il ne s’agit pas d’être pour ou contre un service public qui est un des meilleurs du monde. Cette initiative soulève des questions intéressantes, comme celle des financements croisés, les bénéfices de certains étant réinjectés ailleurs. Mais ce qui compte au fond, ce n’est pas tant la limitation des salaires des dirigeants ou le fait de réaliser un profit ou non. Ce qui compte, c’est l’efficacité de notre service public. Et pour cela, il lui faut une souplesse de gestion que cette initiative – qui semble provenir d’une époque dépassée – lui refuse. Mais il nous faut aussi être à l’écoute du désamour de la population pour nos services publics. Ils ne sont pas parfaits, et cette initiative est aussi l’occasion de le dire pour que des améliorations voient le jour. A chacun de voter en son âme et conscience.

Initiative « Vache à lait » : NON

Un autre miroir aux alouettes est l’initiative dite « vache-à-lait », pour un financement équitable des transports. En cette année d’inauguration du tunnel ferroviaire du Gotthard, nos amis automobilistes se rappellent à notre bon souvenir. Ils demandent que la totalité de l’impôt prélevé à l’achat de carburant, ainsi que celui issu de la vignette autoroutière, soit exclusivement consacré à la route. A première vue, cela semble logique. En réalité, une bonne partie de ces fonds est aujourd’hui attribuée à d’autres tâches importantes de l’Etat, comme la formation, le soutien à l’agriculture, le développement des moyens de transports alternatifs. Ajoutons qu’une partie de ces « transferts » a été dûment avalisée par le peuple et le Parlement. Accepter l’initiative laisserait l’Etat avec un déficit de 1.5 milliards de francs qu’il faudrait combler. Au moment où la Confédération procède à de substantielles coupes budgétaires, le bon sens pousse à glisser un NON dans l’urne.

Initiative « Pour un Revenu de base inconditionnel » : NON

Encore moins raisonnable est l’initiative pour un revenu de base inconditionnel. Là encore, les initiants partent d’une bonne intention, mais hélas utopique. Certes, chacun peut rêver d’un Etat-Providence distribuant à chacun de quoi vivre, sans autre condition. Le montant n’en est pas défini ; mais le chiffre le plus souvent avancé est de 2.500 francs par mois par adulte et de 625 francs par mineur. Des États comme ceux du Golfe l’ont adopté. Cela satisferait certainement d’assez nombreux concitoyens, tout en réduisant la complexité de notre système d’aide sociale. Mais qu’adviendrait-il de la prospérité future de notre pays, si les valeurs de travail et d’effort individuel devenaient secondaires ? L’idée est originale, mais une telle solution de facilité est risquée. D’autant que la facture d’une telle plaisanterie pourrait s’élever à 25 milliards de francs selon les estimations de la Confédération. Le choix est donc simple : encore NON.

Modification de la loi sur la procréation médicalement assistée : OUI

C’est un objet délicat car à la fois scientifique et éthique. Les principales modifications concernent l’analyse du patrimoine génétique (pour détecter d’éventuelles maladies ou déformations), le fait d’augmenter le nombre d’embryons retenus de trois à douze, ainsi que leur éventuelle conservation. Compte tenu des valeurs défendues par les membres du PDC, une partie d’entre eux s’oppose fortement à cet assouplissement, ayant notamment la crainte que cela n’aboutisse à des abus eugénistes. D’autres y voient une façon d’augmenter les chances de réussite de cette manière de procréer particulièrement lourde pour la femme ; de réduire les risques d’un handicap douloureux à porter pour la personne concernée mais aussi pour sa famille ; d’abolir la discrimination des familles n’ayant pas les moyens financiers de recourir à des médecins étrangers pour contourner les restrictions suisses. Compte tenu de ses arguments, notre assemblée générale s’est prononcée pour le OUI.

A chacun d’entre vous désormais de voter sur ces objets au plus proche de votre conscience. C’est cela, la force de notre démocratie !

par Claude Béglé, Conseiller national